Ce qui sépare les deux
La différence tient à la nature des deux supports, et elle explique la plupart des lignes du tableau.
| Compte à terme | Fonds monétaire | |
|---|---|---|
| Nature | Un dépôt : la société prête son argent à un établissement, pour une durée et à un taux fixé d’avance | Un portefeuille de titres à court terme : la société détient des parts |
| Valeur | Le capital déposé | La valeur de la part bouge |
Disponibilité ou blocage
- Compte à terme. L’argent est bloqué pendant la durée. La sortie anticipée, quand elle existe, figure au contrat et retient souvent une partie des intérêts. Sans date d’utilisation connue, la société risque de payer cette sortie ou de ne pas pouvoir sortir.
- Fonds monétaire. Le rachat se fait à la valeur liquidative, calculée au moins chaque jour. Le délai va du jour même à quelques jours ouvrés, avec une heure limite pour les ordres. Un ETF monétaire se cède en Bourse. L’argent revient vite, mais à une valeur qui peut avoir varié.
Le risque et la garantie des dépôts
- Compte à terme. Il porte le risque de défaut de l’établissement, pas celui des marchés. La garantie des dépôts couvre 100 000 € par client et par établissement, tous dépôts confondus.
- Fonds monétaire. Ses parts ne sont pas des dépôts, donc aucun plafond de garantie ne s’applique. Le capital peut fluctuer, et le règlement européen oblige les documents commerciaux à le rappeler.
Un niveau de risque bas ne veut pas dire qu’aucune perte n’est possible. La page risques détaille ces points support par support.
Indemnisation et répartition du risque de crédit
L’indemnisation d’un dépôt intervient dans un délai maximum de sept jours ouvrables, d’après le FGDR. Une somme plus importante dans un seul établissement a une partie au-dessus du plafond.
Le règlement européen note qu’investir dans un fonds monétaire permet de répartir son risque de crédit plutôt que de s’en tenir à des dépôts bancaires : le fonds compte plusieurs émetteurs, le dépôt un seul.
Un taux contre une performance
- Compte à terme. Un taux fixé à la souscription pour la durée, sauf contrat à taux progressif ou révisable. La société sait ce qu’elle gagnera si elle garde l’argent jusqu’au bout.
- Fonds monétaire. Une performance passée, qui suit les taux du marché monétaire et varie. Quand les taux montent, le fonds les capte au fil des jours. Quand ils baissent, il suit la baisse.
Les taux relevés des deux sont dans le tableau ci-dessus et sur la page des taux du mois.
Les frais
Les frais pèsent surtout du côté du fonds. Ses frais courants sont prélevés chaque année sur sa valeur, et le tableau des fonds les donne à côté de la performance. Pour un compte à terme, les frais éventuels figurent au contrat.
L’imposition
Les deux supports sont imposés chaque année, par des mécanismes différents.
- Les intérêts du compte à terme sont rattachés à l’exercice au cours duquel ils courent, au jour le jour, même versés à l’échéance.
- L’écart de valeur liquidative des parts de fonds, entre l’ouverture et la clôture de l’exercice, entre dans le résultat imposable, même sans rachat.
L’impôt sur les sociétés est de 25 %, ou de 15 % sur la part du bénéfice jusqu’à 42 500 € pour les PME qui remplissent les conditions. Aucun des deux ne reporte l’impôt à la sortie. Le simulateur calcule le gain net d’un taux à intérêts simples, ce qui correspond au compte à terme. Pour un fonds, la performance réelle varie.
Trois situations
Ces cas décrivent comment chaque support se lit, pas une consigne pour une société précise.
- Une échéance connue (impôt, investissement, remboursement) : le compte à terme, avec une échéance avant la date, fixe ce que la société obtient. Le fonds se lit moins bien, puisque sa valeur du jour peut s’écarter de celle de l’achat.
- Une réserve sans date : le blocage du compte à terme pèse plus que son taux. Le fonds, comme le compte rémunéré, laisse l’argent accessible.
- Une somme supérieure au plafond de la garantie des dépôts : le compte à terme se répartit entre plusieurs établissements pour rester sous le plafond. Le fonds accepte une somme plus importante, avec un capital non protégé. Les deux voies ont un coût, des minimums à gérer d’un côté, un risque de perte de l’autre.
Les conditions d’accès
- Compte à terme. Un minimum qui varie beaucoup d’un établissement à l’autre. Certains le réservent à leurs clients, d’autres l’ouvrent à distance.
- Fonds monétaire. Un minimum parfois élevé, et des parts parfois réservées à des catégories d’investisseurs : le prospectus dit si une société peut souscrire. Un ETF monétaire s’achète par un compte-titres, à ouvrir au nom de la société.