Ce qu’on appelle un excédent de trésorerie
Une société a un excédent quand elle détient plus d’argent qu’elle n’en dépensera dans l’année, échéances comprises. Le solde du compte courant n’en est pas un. Avec 200 000 € en banque, une société peut n’avoir rien à placer si un investissement et deux acomptes d’impôt sur les sociétés sont attendus avant la fin du trimestre.
Le calcul est celui du guide pour placer sa trésorerie : le calendrier des sorties d’argent des douze prochains mois, plus une réserve pour les dépenses courantes. Cette page commence où il s’arrête, avec une somme à répartir.
Excédent ponctuel ou récurrent
Un excédent est parfois ponctuel. Une levée de fonds, un gros contrat encaissé d’avance ou la vente d’un actif créent une somme qui se dépense ensuite.
Il est parfois récurrent. Une société rentable qui ne distribue pas tout son résultat voit son excédent grossir chaque année.
La différence compte pour le choix du support, puisqu’un excédent ponctuel a souvent une date de sortie.
Répartir l’excédent par horizon
La somme se découpe en parts, selon la date à laquelle la société la dépensera.
| Part de l’excédent | Support fréquent | Ce qui compte |
|---|---|---|
| Disponible à tout moment | Compte rémunéré | Taux révisable, plafond de la somme rémunérée |
| Disponible sous quelques jours | Fonds monétaire | Capital non protégé, valeur de la part variable |
| Utilisée à une date connue, de trois à douze mois | Compte à terme | Clause de sortie, taux fixé pour la durée |
| Non utilisée avant plusieurs années | Moyen et long terme | Frais, liquidité, risque de perte en capital |
Le tableau donne un ordre de lecture. Chaque société arbitre selon ses contraintes, et un support convient parfois à deux horizons. La page court terme compare les deux premiers sur l’horizon de moins d’un an.
Le détail de chaque part
La part disponible. C’est l’argent qui peut être demandé demain. Sur un compte rémunéré, le retrait se fait par virement vers le compte courant, en général sous un à deux jours ouvrés, mais le taux peut baisser à tout moment. Dans un fonds monétaire, les parts se rachètent chaque jour de bourse et les fonds arrivent en général un à trois jours après la demande, avec une valeur de part qui varie.
La part qui a une date. C’est la somme dont la société connaît l’emploi : un impôt, un investissement, un remboursement, une distribution. Le compte à terme fixe le taux dès la souscription, et l’échéance se place un peu avant la dépense. Il vaut mieux échelonner. Pour sortir 60 000 € en juin et 60 000 € en décembre, deux comptes à terme aux échéances correspondantes valent mieux qu’un seul à douze mois, dont l’argent de juin resterait bloqué jusqu’en décembre.
La part de long terme. Une partie de l’excédent n’a parfois aucun emploi avant plusieurs années. Contrat de capitalisation, usufruit de SCPI, compte-titres et fonds obligataires ont une durée de détention plus longue, des frais plus élevés et un capital non protégé. Placer sur ces supports une somme dont la société pourrait avoir besoin plus tôt est une erreur fréquente.
Placer, ou faire autre chose de l’excédent
Placer n’est pas la seule issue. Rembourser un emprunt, réinvestir dans l’activité ou distribuer une part aux associés engagent la société plus durablement, avec un traitement fiscal différent.
Placer ou rembourser un emprunt
Le placement rapporte un taux net d’impôt sur les sociétés. L’emprunt coûte son taux, et ses intérêts sont en principe déductibles du résultat.
Il faut comparer les deux en tenant compte de l’impôt dans chaque cas, et des indemnités de remboursement anticipé que le contrat de prêt prévoit. L’expert-comptable de la société fait ce calcul avec ses chiffres.
Ne pas dépasser le plafond de la garantie des dépôts
Les dépôts d’une société sont couverts à hauteur de 100 000 € par déposant et par établissement, tous dépôts confondus. Avec 250 000 € dans un seul établissement, 150 000 € se trouvent au-dessus du plafond.
Deux voies existent. La première répartit l’excédent entre plusieurs établissements, puisque la garantie s’applique séparément à chacun. La seconde place une partie de la somme en parts de fonds, qui ne sont pas des dépôts. La page risques détaille chaque cas.
La garantie des titres
La garantie des titres, plafonnée à 70 000 € par client et par établissement, joue quand l’établissement qui tient le compte ne peut plus restituer les titres. Elle ne protège pas contre une baisse de valeur de la part.
Selon la structure de la société
L’origine de l’excédent change son usage.
- Holding : la trésorerie vient des dividendes des filiales, avec souvent un emploi à moyen terme, comme une acquisition.
- SAS et SASU : l’excédent grossit avec les résultats non distribués, et le dirigeant arbitre entre placer, réinvestir et se verser un dividende.
- Start-up : la trésorerie issue d’une levée de fonds doit durer jusqu’au tour suivant.
- SELARL : le cas des sociétés d’exercice libéral.
Revoir la répartition
Une répartition n’est pas définitive. La société la revoit à chaque clôture et à chaque échéance, en regardant si :
- l’excédent a grossi ou fondu ;
- la part disponible est restée suffisante ;
- une échéance approche sans emploi prévu.
Un compte à terme arrivé à échéance ne se reconduit pas par réflexe. Il se compare à ce que les taux du moment offrent sur la même durée.
Les taux du moment
Le meilleur taux brut relevé pour chaque support, avant impôt sur les sociétés. Le détail par établissement et par durée est sur la page des taux du mois.
Meilleurs taux du mois
-
Compte rémunéré pro Revolut Business, À vue 2,50 %
-
Compte à terme pro CFCAL-Banque, 60 mois 3,80 % -
Fonds monétaires Amundi, performance sur 1 an 2,49 %
Taux annuels bruts, relevé du
L’imposition des intérêts
Les intérêts d’un compte rémunéré ou d’un compte à terme s’ajoutent au résultat de la société. Le taux normal de l’impôt sur les sociétés est de 25 %. Un taux de 15 % s’applique aux 42 500 premiers euros de bénéfice, pour les sociétés dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions d’euros et dont le capital est détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. Le simulateur calcule le gain net d’un placement à intérêts simples pour un montant, une durée et un taux d’impôt donnés.
Parts de fonds et calendrier d'impôt
Les parts de fonds suivent une règle propre. La société les évalue à leur valeur liquidative à la clôture de chaque exercice. L’écart avec l’ouverture entre dans le résultat imposable, même sans rachat.
Placer l’excédent change aussi le calendrier d’impôt. Les intérêts augmentent le résultat imposable, donc l’impôt de l’exercice, puis les acomptes de l’exercice suivant, qui se calculent à partir du dernier résultat connu.