Placement trésorerie entreprises
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Placer un excédent de trésorerie d'entreprise

Une fois l'excédent identifié, il se répartit selon la date à laquelle la société en aura besoin. Les supports qui correspondent à chaque horizon, et leurs limites.

Mis à jour le

Excédent de trésorerie

À retenir

  • Un excédent est la part de la trésorerie qui dépasse les dépenses courantes et les échéances datées des douze prochains mois.
  • Il se répartit par horizon : une part reste disponible, une part est bloquée jusqu'à une échéance, une dernière part, éventuelle, va sur le long terme.
  • Échelonner les échéances des comptes à terme évite de bloquer toute la somme à la même date.
  • Au-delà de 100 000 € par établissement, les dépôts dépassent le plafond de la garantie des dépôts.
  • Les intérêts s'ajoutent au résultat imposable de la société. Pour les parts de fonds, l'écart de valeur liquidative de l'exercice est imposé aussi.

Ce qu’on appelle un excédent de trésorerie

Une société a un excédent quand elle détient plus d’argent qu’elle n’en dépensera dans l’année, échéances comprises. Le solde du compte courant n’en est pas un. Avec 200 000 € en banque, une société peut n’avoir rien à placer si un investissement et deux acomptes d’impôt sur les sociétés sont attendus avant la fin du trimestre.

Un solde de 400 000 € se divise en une réserve opérationnelle de 160 000 € et un excédent de 240 000 €. L'excédent se divise lui-même en une part placée de 160 000 € et une part laissée disponible de 80 000 €.
Exemple : seul l’excédent se place, et une part peut rester disponible. Les montants illustrent la méthode.

Le calcul est celui du guide pour placer sa trésorerie : le calendrier des sorties d’argent des douze prochains mois, plus une réserve pour les dépenses courantes. Cette page commence où il s’arrête, avec une somme à répartir.

Excédent ponctuel ou récurrent

Un excédent est parfois ponctuel. Une levée de fonds, un gros contrat encaissé d’avance ou la vente d’un actif créent une somme qui se dépense ensuite.

Il est parfois récurrent. Une société rentable qui ne distribue pas tout son résultat voit son excédent grossir chaque année.

La différence compte pour le choix du support, puisqu’un excédent ponctuel a souvent une date de sortie.

Répartir l’excédent par horizon

La somme se découpe en parts, selon la date à laquelle la société la dépensera.

Part de l’excédentSupport fréquentCe qui compte
Disponible à tout momentCompte rémunéréTaux révisable, plafond de la somme rémunérée
Disponible sous quelques joursFonds monétaireCapital non protégé, valeur de la part variable
Utilisée à une date connue, de trois à douze moisCompte à termeClause de sortie, taux fixé pour la durée
Non utilisée avant plusieurs annéesMoyen et long termeFrais, liquidité, risque de perte en capital

Le tableau donne un ordre de lecture. Chaque société arbitre selon ses contraintes, et un support convient parfois à deux horizons. La page court terme compare les deux premiers sur l’horizon de moins d’un an.

Le détail de chaque part

La part disponible. C’est l’argent qui peut être demandé demain. Sur un compte rémunéré, le retrait se fait par virement vers le compte courant, en général sous un à deux jours ouvrés, mais le taux peut baisser à tout moment. Dans un fonds monétaire, les parts se rachètent chaque jour de bourse et les fonds arrivent en général un à trois jours après la demande, avec une valeur de part qui varie.

La part qui a une date. C’est la somme dont la société connaît l’emploi : un impôt, un investissement, un remboursement, une distribution. Le compte à terme fixe le taux dès la souscription, et l’échéance se place un peu avant la dépense. Il vaut mieux échelonner. Pour sortir 60 000 € en juin et 60 000 € en décembre, deux comptes à terme aux échéances correspondantes valent mieux qu’un seul à douze mois, dont l’argent de juin resterait bloqué jusqu’en décembre.

La part de long terme. Une partie de l’excédent n’a parfois aucun emploi avant plusieurs années. Contrat de capitalisation, usufruit de SCPI, compte-titres et fonds obligataires ont une durée de détention plus longue, des frais plus élevés et un capital non protégé. Placer sur ces supports une somme dont la société pourrait avoir besoin plus tôt est une erreur fréquente.

Placer, ou faire autre chose de l’excédent

Placer n’est pas la seule issue. Rembourser un emprunt, réinvestir dans l’activité ou distribuer une part aux associés engagent la société plus durablement, avec un traitement fiscal différent.

Placer ou rembourser un emprunt

Le placement rapporte un taux net d’impôt sur les sociétés. L’emprunt coûte son taux, et ses intérêts sont en principe déductibles du résultat.

Il faut comparer les deux en tenant compte de l’impôt dans chaque cas, et des indemnités de remboursement anticipé que le contrat de prêt prévoit. L’expert-comptable de la société fait ce calcul avec ses chiffres.

Ne pas dépasser le plafond de la garantie des dépôts

Les dépôts d’une société sont couverts à hauteur de 100 000 € par déposant et par établissement, tous dépôts confondus. Avec 250 000 € dans un seul établissement, 150 000 € se trouvent au-dessus du plafond.

Trois établissements, A, B et C, chacun avec un plafond de 100 000 €. La société y dépose 85 000 €, 85 000 € et 80 000 €, soit 250 000 € en tout, et reste sous le plafond dans chaque établissement.
Exemple : le plafond de 100 000 € s’applique à chaque établissement. Les comptes de la société dans une même banque s’additionnent.

Deux voies existent. La première répartit l’excédent entre plusieurs établissements, puisque la garantie s’applique séparément à chacun. La seconde place une partie de la somme en parts de fonds, qui ne sont pas des dépôts. La page risques détaille chaque cas.

La garantie des titres

La garantie des titres, plafonnée à 70 000 € par client et par établissement, joue quand l’établissement qui tient le compte ne peut plus restituer les titres. Elle ne protège pas contre une baisse de valeur de la part.

Selon la structure de la société

L’origine de l’excédent change son usage.

  • Holding : la trésorerie vient des dividendes des filiales, avec souvent un emploi à moyen terme, comme une acquisition.
  • SAS et SASU : l’excédent grossit avec les résultats non distribués, et le dirigeant arbitre entre placer, réinvestir et se verser un dividende.
  • Start-up : la trésorerie issue d’une levée de fonds doit durer jusqu’au tour suivant.
  • SELARL : le cas des sociétés d’exercice libéral.

Revoir la répartition

Une répartition n’est pas définitive. La société la revoit à chaque clôture et à chaque échéance, en regardant si :

  • l’excédent a grossi ou fondu ;
  • la part disponible est restée suffisante ;
  • une échéance approche sans emploi prévu.

Un compte à terme arrivé à échéance ne se reconduit pas par réflexe. Il se compare à ce que les taux du moment offrent sur la même durée.

Les taux du moment

Le meilleur taux brut relevé pour chaque support, avant impôt sur les sociétés. Le détail par établissement et par durée est sur la page des taux du mois.

L’imposition des intérêts

Les intérêts d’un compte rémunéré ou d’un compte à terme s’ajoutent au résultat de la société. Le taux normal de l’impôt sur les sociétés est de 25 %. Un taux de 15 % s’applique aux 42 500 premiers euros de bénéfice, pour les sociétés dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions d’euros et dont le capital est détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. Le simulateur calcule le gain net d’un placement à intérêts simples pour un montant, une durée et un taux d’impôt donnés.

Parts de fonds et calendrier d'impôt

Les parts de fonds suivent une règle propre. La société les évalue à leur valeur liquidative à la clôture de chaque exercice. L’écart avec l’ouverture entre dans le résultat imposable, même sans rachat.

Placer l’excédent change aussi le calendrier d’impôt. Les intérêts augmentent le résultat imposable, donc l’impôt de l’exercice, puis les acomptes de l’exercice suivant, qui se calculent à partir du dernier résultat connu.

Questions fréquentes

Où placer l'excédent de trésorerie d'une entreprise ?

Cela dépend de la date à laquelle la société aura besoin de l'argent. Sur un compte rémunéré si la somme doit rester disponible, sur un compte à terme si l'échéance est connue, dans un fonds monétaire si la somme dépasse le plafond de garantie des dépôts d'un établissement. Pour ce dont la société n'a pas besoin avant plusieurs années, d'autres supports existent.

Quelle différence entre une trésorerie excédentaire et une trésorerie disponible ?

La trésorerie disponible est l'argent présent sur les comptes à une date donnée. La trésorerie excédentaire est la part de cet argent qui reste après les dépenses courantes et les échéances prévues. Une société peut avoir beaucoup d'argent disponible et aucun excédent, si de lourdes échéances approchent.

Vaut-il mieux placer l'excédent ou rembourser un emprunt ?

Le calcul compare deux chiffres. D'un côté le taux net d'impôt du placement, de l'autre le coût de l'emprunt. Si le taux de l'emprunt est supérieur au taux net du placement, le remboursement anticipé réduit les charges plus que le placement ne rapporte. Il faut aussi regarder les indemnités de remboursement anticipé prévues au contrat de prêt.

Les intérêts de l'excédent placé sont-ils imposés ?

Oui. Pour une société à l'impôt sur les sociétés, les intérêts s'ajoutent au résultat et sont imposés à 25 %, ou à 15 % sur la part du bénéfice jusqu'à 42 500 € pour les PME qui remplissent les conditions. Les parts de fonds sont évaluées à leur valeur liquidative à la clôture, et l'écart avec l'ouverture entre dans le résultat.

Peut-on placer un excédent sur plusieurs établissements ?

Oui. La garantie des dépôts s'applique séparément à chaque établissement, dans la limite de 100 000 € par déposant. Répartir un excédent entre plusieurs banques permet de rester sous le plafond dans chacune. Cela suppose d'ouvrir et de suivre plusieurs comptes.

Pour aller plus loin

Les informations de cette page sont générales. Elles ne constituent ni un conseil en investissement ni une recommandation adaptée à la situation d'une société. Les taux sont ceux que les établissements publient à la date du relevé. Ils changent, et l'offre qui vous sera faite peut différer. Vérifiez les conditions auprès de l'établissement avant de placer. Voir la méthodologie.