Avant de placer, savoir de quoi la société a besoin
La première question n’est pas « où placer », mais « combien de temps cet argent peut-il rester loin du compte courant ».
Le point de départ est un calendrier des sorties d’argent sur douze mois, du certain au probable.
- Les salaires, les charges sociales et les loyers, chaque mois.
- La TVA, à la fréquence de la déclaration.
- L’impôt sur les sociétés, en acomptes puis en solde.
- Les dividendes attendus et les remboursements d’emprunt.
- Les investissements prévus : matériel, recrutement, acquisition, stock saisonnier.
Chaque ligne a une date, ou une fenêtre. Cette date décide du support, le taux vient après.
L'impôt sur les sociétés dans le calendrier
Une société qui a réalisé un bénéfice verse quatre acomptes dans l’exercice, puis régularise le solde au plus tard le 15 du quatrième mois qui suit la clôture.
Placer une somme dont on a besoin le mois suivant expose à une sortie anticipée coûteuse, ou à un découvert qu’un calendrier aurait évité.
Trois horizons suffisent
Trois pots couvrent presque tous les cas.
| Pot | Ce qu’il couvre | Contrainte |
|---|---|---|
| Disponible | Dépenses courantes et imprévus | Retour sur le compte courant en un à deux jours |
| Daté | Sommes dont la date d’emploi est connue : impôt, investissement, remboursement | Peut être bloqué jusqu’à cette date |
| Stable | Part sans emploi avant plusieurs années | N’existe pas dans toutes les sociétés |
Les pages court terme et moyen et long terme détaillent le premier et le troisième. La page excédent de trésorerie traite le cas d’une société qui a déjà une somme au-dessus de ses besoins.
Combien garder disponible
Aucune règle de droit ne fixe la réserve d’une société. Le calcul part de ses propres chiffres.
- Les charges fixes d’un mois : salaires, charges sociales, loyers, abonnements, échéances d’emprunt.
- Multipliées par le nombre de mois à couvrir sans encaisser un euro.
- Plus les échéances datées des douze prochains mois qui ne sont pas encore provisionnées.
Le total est le pot disponible. Ce qui le dépasse peut être placé sur un support moins souple. Le calcul se refait à chaque clôture et à chaque changement important d’activité.
Combien de mois couvrir
Une société qui facture à 60 jours et dont les clients paient en retard retient plus de mois qu’une société payée à la commande. Une activité saisonnière en retient assez pour passer la saison creuse.
Un nouveau gros client, un recrutement ou une perte de contrat justifient de refaire le calcul.
Les supports, un par un
Trois supports couvrent la plupart des cas d’une société à l’impôt sur les sociétés, chacun pour un horizon.
Meilleur taux brut annuel
2,50 %
Compte rémunéré pro
Un compte sur lequel la société garde la main sur ses fonds, avec un taux qui peut évoluer.
Taux brut annuel, relevé le 22/10/2026
Meilleur taux brut annuel
3,80 %
Compte à terme pro
Une somme bloquée pour une durée fixée à l'avance, contre un taux connu dès la souscription.
Taux brut annuel, relevé le 22/10/2026
Meilleure performance sur 1 an
2,49 %
Fonds monétaires
Des parts de fonds qui placent à très court terme, avec une valeur qui varie très peu.
Performance sur 1 an, relevé le 22/10/2026
| Support | Pot | Ce qu’il faut savoir | Détail |
|---|---|---|---|
| Compte rémunéré | Disponible | Fonds accessibles à tout moment, taux que l’établissement peut modifier | Compte rémunéré |
| Compte à terme | Daté | Taux connu dès la souscription, fonds bloqués jusqu’à l’échéance | Compte à terme |
| Fonds monétaire | Intermédiaire | Parts rachetables en un à trois jours, capital non protégé | Fonds monétaires |
| Supports de long terme | Stable | Frais, durée de détention conseillée et risque de liquidité plus marqués | Moyen et long terme |
Les supports en deux mots
Le compte rémunéré. Beaucoup d’offres n’ont aucun dépôt minimum, certaines plafonnent les sommes rémunérées.
Le compte à terme. La société choisit la durée à l’ouverture. La sortie anticipée, quand elle existe, se paie par une perte d’intérêts.
Le fonds monétaire. La société achète des parts d’un fonds qui place à très court terme. La valeur de la part peut varier : ce n’est pas un dépôt.
Les supports de long terme. Contrat de capitalisation, usufruit de SCPI, compte-titres, fonds obligataires.
Les meilleurs taux relevés
Le détail par établissement et par durée est sur la page des taux du mois.
Meilleurs taux du mois
-
Compte rémunéré pro Revolut Business, À vue 2,50 %
-
Compte à terme pro CFCAL-Banque, 60 mois 3,80 % -
Fonds monétaires Amundi, performance sur 1 an 2,49 %
Taux annuels bruts, relevé du
Un taux relevé n’est pas une offre. Il dépend du montant, de la durée et de la situation de la société.
Quel support pour quel horizon
Le tableau relie chaque horizon au support le plus fréquent. C’est une indication générale, pas une recommandation.
| Horizon | Support fréquent | Ce qui compte |
|---|---|---|
| Disponible en un à deux jours | Compte rémunéré | Le taux peut baisser à tout moment. Plafond de la somme rémunérée à vérifier |
| Disponible en quelques jours | Fonds monétaire | Capital non protégé, valeur de la part variable |
| Échéance datée, moins d’un an | Compte à terme, parfois fonds monétaire | Clause de sortie, taux fixé pour la durée |
| Un à trois ans | Compte à terme | Un taux fixé longtemps reste fixe si les taux montent |
| Plusieurs années, sans besoin avant | Supports de long terme | Frais, liquidité, risque de perte en capital |
Deux supports se recoupent souvent sur un même horizon. Les duels compte à terme ou compte rémunéré et compte à terme ou fonds monétaire les comparent critère par critère.
Ce que couvre la garantie des dépôts
Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, ou FGDR, couvre les dépôts d’une société dans une banque adhérente, comme ceux d’un particulier. Cela vaut pour un compte courant, un compte à terme et un livret.
Le plafond est de 100 000 € par déposant et par établissement, tous dépôts confondus. Une société qui répartit sa trésorerie entre deux banques a deux plafonds.
Trois points évitent les mauvaises surprises.
- Les parts de fonds ne sont pas des dépôts. Elles relèvent de la garantie des titres, plafonnée à 70 000 € par client et par établissement, qui ne compense pas une baisse de valeur.
- Le contrat de capitalisation n’est pas couvert par la garantie des dépôts.
- Les établissements de paiement et de monnaie électronique ne sont pas des banques : leurs espèces sur support électronique et leurs cartes de paiement ne sont pas couvertes. Le registre REGAFI de l’ACPR donne le statut.
Le délai d'indemnisation
Le FGDR met l’indemnisation à disposition dans un délai maximum de sept jours ouvrables à partir de la date d’indisponibilité des dépôts, hors cas particuliers.
La page risques reprend ces points support par support.
Ce que rapporte un placement, une fois l’impôt payé
Les intérêts d’un placement s’ajoutent au résultat de la société et sont imposés à l’impôt sur les sociétés.
| Taux d’impôt | S’applique à |
|---|---|
| 25 % | Le taux normal |
| 15 % | Les premiers 42 500 € de bénéfice, pour les sociétés qui remplissent les conditions du taux réduit |
Un taux annoncé est un taux brut. Entre deux offres de même nature, celle qui paie le plus avant impôt paie aussi le plus après. Pour mesurer l’apport réel d’un placement, il faut passer au net. Le simulateur le calcule pour un montant, une durée et un taux d’impôt donnés.
Les conditions du taux réduit et les parts de fonds
Le taux de 15 % vaut pour les sociétés dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions d’euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à au moins 75 % par des personnes physiques.
Les parts de fonds suivent une autre règle. Une société à l’impôt sur les sociétés évalue ses parts d’OPCVM à leur valeur liquidative à la clôture de chaque exercice. L’écart avec l’ouverture entre dans le résultat imposable, même sans vente. L’article 209-0 A du Code général des impôts fixe cette règle, et l’expert-comptable de la société en tire le traitement exact.
Ouvrir un placement : les démarches
Souscrire prend peu de temps. Les vérifications avant la signature en prennent davantage.
| Étape | À vérifier |
|---|---|
| Qui peut décider | Les statuts ou un pacte d’associés peuvent limiter le pouvoir du représentant légal : plafond, durée maximale, accord préalable |
| L’établissement | Son statut dans le registre REGAFI de l’ACPR : banque, établissement de paiement, société de gestion. Pour un intermédiaire, son inscription au registre officiel des intermédiaires |
| Le dossier | Pièce d’identité et justificatif de pouvoir du représentant légal, statuts à jour, extrait d’immatriculation récent, bénéficiaires effectifs |
| Le contrat | Le taux, qu’il soit fixe, progressif ou révisable, la durée et la sortie anticipée avec son coût, le sort des fonds à l’échéance, la périodicité des intérêts |
| Le suivi | L’échéance au calendrier de trésorerie, les relevés gardés pour la clôture, les intérêts courus transmis à l’expert-comptable |
Dossier d'ouverture et suivi
Les listes de pièces varient selon l’établissement, et la banque précise ce qu’elle exige. Les comptes à terme et les comptes rémunérés ouverts à distance suivent le même parcours. Un fonds monétaire demande en plus un compte-titres, ou un compte équivalent, chez un établissement habilité à tenir des parts de fonds.
Certains contrats se renouvellent seuls. Un placement qui n’est pas suivi se renouvelle parfois au mauvais moment ou à un mauvais taux. À chaque échéance, la société refait son calendrier pour décider : reconduire, passer à un autre support, ou utiliser l’argent.
Les erreurs fréquentes
Les mêmes erreurs reviennent d’une société à l’autre.
| Erreur | Pourquoi elle coûte |
|---|---|
| Bloquer toute la trésorerie | Plus de marge. Un retard de paiement d’un client suffit à créer un besoin de financement |
| Comparer deux durées différentes | Six et douze mois ne se comparent pas. À durée égale, ou sur le gain pendant le besoin réel |
| Oublier le taux de base | Une offre de bienvenue baisse après les premiers mois. Le gain se calcule sur toute la durée |
| Dépasser le plafond sans le savoir | Les dépôts d’un même établissement s’additionnent, comptes courants compris |
| Confondre brut et net | Un taux brut ne rapporte pas son montant à une société imposée à 25 % |
| Ignorer la clause de sortie | La clause dit ce que coûte un changement de plan |
| Prendre un fonds monétaire pour un dépôt | Préserver la valeur n’est pas protéger le capital |
| Laisser la trésorerie dormir | Un compte courant non rémunéré pendant des mois coûte les intérêts de la part sans emploi |
Deux exemples
Un compte à terme de 90 000 € et un compte courant de 30 000 € dans la même banque font 120 000 € : 20 000 € dépassent le plafond de 100 000 €.
Le règlement européen sur les fonds monétaires précise que la documentation commerciale doit signaler que le fonds n’offre pas de protection du capital.
Quand passer par un conseil
Un compte rémunéré ou un compte à terme ne demande pas de conseiller. Quatre situations justifient un accompagnement.
- Les sommes dépassent plusieurs plafonds de garantie des dépôts.
- La société a plusieurs structures, comme une holding, des filiales ou une société civile, au traitement fiscal différent.
- Un placement de long terme, comme un contrat de capitalisation, pèse par ses frais et ses conditions de sortie.
- Les associés divergent sur l’usage de la trésorerie : réinvestir, distribuer, constituer une réserve.
Avant d’engager quoi que ce soit, quatre questions à poser à tout interlocuteur.
- Comment est-il rémunéré : honoraires, commissions, ou les deux, et pour quel montant ?
- Est-il inscrit au registre qui correspond à son activité ?
- Quels produits compare-t-il, et pourquoi ceux-là ?
- Que se passe-t-il si la société change d’avis au bout d’un an ?
Qui consulter
Le premier interlocuteur est l’expert-comptable de la société. Il connaît le résultat, l’impôt dû et le calendrier. Le banquier présente les offres de son établissement. Un conseiller en investissements financiers donne une recommandation personnalisée sur des instruments financiers. Il est inscrit au registre officiel des intermédiaires et adhère à une association professionnelle agréée par l’AMF.
Reprendre la démarche dans l’ordre
- Établir le calendrier des douze prochains mois.
- Calculer le pot disponible, puis le pot daté.
- Regarder les taux du mois pour chaque support, à durée égale.
- Passer le taux brut au net avec le simulateur.
- Vérifier le statut de l’établissement, le plafond de garantie des dépôts et la clause de sortie.
- Souscrire, puis noter l’échéance dans le calendrier.
Le comparatif met les supports côte à côte sur les mêmes critères. La page d’accueil, consacrée au placement de trésorerie d’entreprise, donne le panorama des supports, des structures et des taux.