Placement trésorerie entreprises
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Placer la trésorerie de son entreprise : par où commencer

Une société place sa trésorerie dans un ordre précis. D'abord ce qui reste disponible, ensuite ce qui a une date, enfin ce dont elle n'a pas besoin avant longtemps.

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Placer sa trésorerie

À retenir

  • Une société place d'abord ce qu'elle sait ne pas devoir dépenser avant une date connue. Le reste couvre ses dépenses courantes et reste disponible.
  • Trois horizons suffisent pour commencer : disponible tout de suite, utilisé à une échéance datée, non utilisé avant plusieurs années.
  • Le support se choisit selon l'horizon. Le taux ne vient qu'ensuite, et il se compare brut et net d'impôt sur les sociétés, à durée égale.
  • Les dépôts sont couverts par la garantie des dépôts, dans la limite de 100 000 € par déposant et par établissement. Les parts de fonds ne sont pas des dépôts.
  • Placer suppose d'avoir vérifié les statuts, le statut de l'établissement et la clause de sortie avant de signer.

Avant de placer, savoir de quoi la société a besoin

La première question n’est pas « où placer », mais « combien de temps cet argent peut-il rester loin du compte courant ».

Le point de départ est un calendrier des sorties d’argent sur douze mois, du certain au probable.

  • Les salaires, les charges sociales et les loyers, chaque mois.
  • La TVA, à la fréquence de la déclaration.
  • L’impôt sur les sociétés, en acomptes puis en solde.
  • Les dividendes attendus et les remboursements d’emprunt.
  • Les investissements prévus : matériel, recrutement, acquisition, stock saisonnier.

Chaque ligne a une date, ou une fenêtre. Cette date décide du support, le taux vient après.

L'impôt sur les sociétés dans le calendrier

Une société qui a réalisé un bénéfice verse quatre acomptes dans l’exercice, puis régularise le solde au plus tard le 15 du quatrième mois qui suit la clôture.

Placer une somme dont on a besoin le mois suivant expose à une sortie anticipée coûteuse, ou à un découvert qu’un calendrier aurait évité.

Trois horizons suffisent

Trois pots couvrent presque tous les cas.

PotCe qu’il couvreContrainte
DisponibleDépenses courantes et imprévusRetour sur le compte courant en un à deux jours
DatéSommes dont la date d’emploi est connue : impôt, investissement, remboursementPeut être bloqué jusqu’à cette date
StablePart sans emploi avant plusieurs annéesN’existe pas dans toutes les sociétés

Les pages court terme et moyen et long terme détaillent le premier et le troisième. La page excédent de trésorerie traite le cas d’une société qui a déjà une somme au-dessus de ses besoins.

Combien garder disponible

Aucune règle de droit ne fixe la réserve d’une société. Le calcul part de ses propres chiffres.

  • Les charges fixes d’un mois : salaires, charges sociales, loyers, abonnements, échéances d’emprunt.
  • Multipliées par le nombre de mois à couvrir sans encaisser un euro.
  • Plus les échéances datées des douze prochains mois qui ne sont pas encore provisionnées.

Le total est le pot disponible. Ce qui le dépasse peut être placé sur un support moins souple. Le calcul se refait à chaque clôture et à chaque changement important d’activité.

Combien de mois couvrir

Une société qui facture à 60 jours et dont les clients paient en retard retient plus de mois qu’une société payée à la commande. Une activité saisonnière en retient assez pour passer la saison creuse.

Un nouveau gros client, un recrutement ou une perte de contrat justifient de refaire le calcul.

Les supports, un par un

Trois supports couvrent la plupart des cas d’une société à l’impôt sur les sociétés, chacun pour un horizon.

SupportPotCe qu’il faut savoirDétail
Compte rémunéréDisponibleFonds accessibles à tout moment, taux que l’établissement peut modifierCompte rémunéré
Compte à termeDatéTaux connu dès la souscription, fonds bloqués jusqu’à l’échéanceCompte à terme
Fonds monétaireIntermédiaireParts rachetables en un à trois jours, capital non protégéFonds monétaires
Supports de long termeStableFrais, durée de détention conseillée et risque de liquidité plus marquésMoyen et long terme
Les supports en deux mots

Le compte rémunéré. Beaucoup d’offres n’ont aucun dépôt minimum, certaines plafonnent les sommes rémunérées.

Le compte à terme. La société choisit la durée à l’ouverture. La sortie anticipée, quand elle existe, se paie par une perte d’intérêts.

Le fonds monétaire. La société achète des parts d’un fonds qui place à très court terme. La valeur de la part peut varier : ce n’est pas un dépôt.

Les supports de long terme. Contrat de capitalisation, usufruit de SCPI, compte-titres, fonds obligataires.

Les meilleurs taux relevés

Le détail par établissement et par durée est sur la page des taux du mois.

Un taux relevé n’est pas une offre. Il dépend du montant, de la durée et de la situation de la société.

Quel support pour quel horizon

Le tableau relie chaque horizon au support le plus fréquent. C’est une indication générale, pas une recommandation.

Tableau à quatre colonnes : disponible, moins de 3 mois, 3 à 12 mois, au-delà. Le compte rémunéré couvre les deux premières, le fonds monétaire les trois premières, le compte à terme de moins de 3 mois à au-delà de 12 mois, la capitalisation et le compte-titres le long terme.
Les supports courants d’une société, rangés selon le moment où elle a besoin de l’argent. Un repère général, pas une recommandation.
HorizonSupport fréquentCe qui compte
Disponible en un à deux joursCompte rémunéréLe taux peut baisser à tout moment. Plafond de la somme rémunérée à vérifier
Disponible en quelques joursFonds monétaireCapital non protégé, valeur de la part variable
Échéance datée, moins d’un anCompte à terme, parfois fonds monétaireClause de sortie, taux fixé pour la durée
Un à trois ansCompte à termeUn taux fixé longtemps reste fixe si les taux montent
Plusieurs années, sans besoin avantSupports de long termeFrais, liquidité, risque de perte en capital

Deux supports se recoupent souvent sur un même horizon. Les duels compte à terme ou compte rémunéré et compte à terme ou fonds monétaire les comparent critère par critère.

Ce que couvre la garantie des dépôts

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, ou FGDR, couvre les dépôts d’une société dans une banque adhérente, comme ceux d’un particulier. Cela vaut pour un compte courant, un compte à terme et un livret.

Le plafond est de 100 000 € par déposant et par établissement, tous dépôts confondus. Une société qui répartit sa trésorerie entre deux banques a deux plafonds.

Trois points évitent les mauvaises surprises.

  • Les parts de fonds ne sont pas des dépôts. Elles relèvent de la garantie des titres, plafonnée à 70 000 € par client et par établissement, qui ne compense pas une baisse de valeur.
  • Le contrat de capitalisation n’est pas couvert par la garantie des dépôts.
  • Les établissements de paiement et de monnaie électronique ne sont pas des banques : leurs espèces sur support électronique et leurs cartes de paiement ne sont pas couvertes. Le registre REGAFI de l’ACPR donne le statut.
Le délai d'indemnisation

Le FGDR met l’indemnisation à disposition dans un délai maximum de sept jours ouvrables à partir de la date d’indisponibilité des dépôts, hors cas particuliers.

La page risques reprend ces points support par support.

Ce que rapporte un placement, une fois l’impôt payé

Les intérêts d’un placement s’ajoutent au résultat de la société et sont imposés à l’impôt sur les sociétés.

Trois étapes. 100 000 € placés douze mois, multipliés par un taux annuel de 3 %, donnent 3 000 € d'intérêts bruts. Après un impôt sur les sociétés de 25 %, le gain net est de 2 250 €. Au taux réduit de 15 %, l'impôt est de 450 € et le gain net de 2 550 €.
Exemple chiffré : 100 000 € placés douze mois à 3 %. Le taux est choisi pour le calcul, ce n’est pas un taux relevé.
Taux d’impôtS’applique à
25 %Le taux normal
15 %Les premiers 42 500 € de bénéfice, pour les sociétés qui remplissent les conditions du taux réduit

Un taux annoncé est un taux brut. Entre deux offres de même nature, celle qui paie le plus avant impôt paie aussi le plus après. Pour mesurer l’apport réel d’un placement, il faut passer au net. Le simulateur le calcule pour un montant, une durée et un taux d’impôt donnés.

Les conditions du taux réduit et les parts de fonds

Le taux de 15 % vaut pour les sociétés dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions d’euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à au moins 75 % par des personnes physiques.

Les parts de fonds suivent une autre règle. Une société à l’impôt sur les sociétés évalue ses parts d’OPCVM à leur valeur liquidative à la clôture de chaque exercice. L’écart avec l’ouverture entre dans le résultat imposable, même sans vente. L’article 209-0 A du Code général des impôts fixe cette règle, et l’expert-comptable de la société en tire le traitement exact.

Ouvrir un placement : les démarches

Souscrire prend peu de temps. Les vérifications avant la signature en prennent davantage.

ÉtapeÀ vérifier
Qui peut déciderLes statuts ou un pacte d’associés peuvent limiter le pouvoir du représentant légal : plafond, durée maximale, accord préalable
L’établissementSon statut dans le registre REGAFI de l’ACPR : banque, établissement de paiement, société de gestion. Pour un intermédiaire, son inscription au registre officiel des intermédiaires
Le dossierPièce d’identité et justificatif de pouvoir du représentant légal, statuts à jour, extrait d’immatriculation récent, bénéficiaires effectifs
Le contratLe taux, qu’il soit fixe, progressif ou révisable, la durée et la sortie anticipée avec son coût, le sort des fonds à l’échéance, la périodicité des intérêts
Le suiviL’échéance au calendrier de trésorerie, les relevés gardés pour la clôture, les intérêts courus transmis à l’expert-comptable
Dossier d'ouverture et suivi

Les listes de pièces varient selon l’établissement, et la banque précise ce qu’elle exige. Les comptes à terme et les comptes rémunérés ouverts à distance suivent le même parcours. Un fonds monétaire demande en plus un compte-titres, ou un compte équivalent, chez un établissement habilité à tenir des parts de fonds.

Certains contrats se renouvellent seuls. Un placement qui n’est pas suivi se renouvelle parfois au mauvais moment ou à un mauvais taux. À chaque échéance, la société refait son calendrier pour décider : reconduire, passer à un autre support, ou utiliser l’argent.

Les erreurs fréquentes

Les mêmes erreurs reviennent d’une société à l’autre.

ErreurPourquoi elle coûte
Bloquer toute la trésoreriePlus de marge. Un retard de paiement d’un client suffit à créer un besoin de financement
Comparer deux durées différentesSix et douze mois ne se comparent pas. À durée égale, ou sur le gain pendant le besoin réel
Oublier le taux de baseUne offre de bienvenue baisse après les premiers mois. Le gain se calcule sur toute la durée
Dépasser le plafond sans le savoirLes dépôts d’un même établissement s’additionnent, comptes courants compris
Confondre brut et netUn taux brut ne rapporte pas son montant à une société imposée à 25 %
Ignorer la clause de sortieLa clause dit ce que coûte un changement de plan
Prendre un fonds monétaire pour un dépôtPréserver la valeur n’est pas protéger le capital
Laisser la trésorerie dormirUn compte courant non rémunéré pendant des mois coûte les intérêts de la part sans emploi
Deux exemples

Un compte à terme de 90 000 € et un compte courant de 30 000 € dans la même banque font 120 000 € : 20 000 € dépassent le plafond de 100 000 €.

Le règlement européen sur les fonds monétaires précise que la documentation commerciale doit signaler que le fonds n’offre pas de protection du capital.

Quand passer par un conseil

Un compte rémunéré ou un compte à terme ne demande pas de conseiller. Quatre situations justifient un accompagnement.

  • Les sommes dépassent plusieurs plafonds de garantie des dépôts.
  • La société a plusieurs structures, comme une holding, des filiales ou une société civile, au traitement fiscal différent.
  • Un placement de long terme, comme un contrat de capitalisation, pèse par ses frais et ses conditions de sortie.
  • Les associés divergent sur l’usage de la trésorerie : réinvestir, distribuer, constituer une réserve.

Avant d’engager quoi que ce soit, quatre questions à poser à tout interlocuteur.

  1. Comment est-il rémunéré : honoraires, commissions, ou les deux, et pour quel montant ?
  2. Est-il inscrit au registre qui correspond à son activité ?
  3. Quels produits compare-t-il, et pourquoi ceux-là ?
  4. Que se passe-t-il si la société change d’avis au bout d’un an ?
Qui consulter

Le premier interlocuteur est l’expert-comptable de la société. Il connaît le résultat, l’impôt dû et le calendrier. Le banquier présente les offres de son établissement. Un conseiller en investissements financiers donne une recommandation personnalisée sur des instruments financiers. Il est inscrit au registre officiel des intermédiaires et adhère à une association professionnelle agréée par l’AMF.

Reprendre la démarche dans l’ordre

  1. Établir le calendrier des douze prochains mois.
  2. Calculer le pot disponible, puis le pot daté.
  3. Regarder les taux du mois pour chaque support, à durée égale.
  4. Passer le taux brut au net avec le simulateur.
  5. Vérifier le statut de l’établissement, le plafond de garantie des dépôts et la clause de sortie.
  6. Souscrire, puis noter l’échéance dans le calendrier.

Le comparatif met les supports côte à côte sur les mêmes critères. La page d’accueil, consacrée au placement de trésorerie d’entreprise, donne le panorama des supports, des structures et des taux.

Les guides de la série

Questions fréquentes

Comment placer la trésorerie d'une entreprise ?

La société établit d'abord son calendrier de dépenses, garde de quoi couvrir ses charges courantes sur un support disponible, puis place le reste selon la date à laquelle elle en aura besoin : compte à terme pour une échéance connue, fonds monétaire pour une somme plus élevée, supports de plus long terme pour ce qui ne sert pas avant plusieurs années. Le placement se souscrit au nom de la société, dans le cadre prévu par ses statuts.

Quelle part de la trésorerie une société peut-elle placer ?

Il n'existe pas de pourcentage fixé par la loi. La part qui se place est ce qui reste après les dépenses courantes et les échéances datées, notamment l'impôt sur les sociétés, la TVA, les charges sociales et les salaires. Une société dont les encaissements sont irréguliers garde une réserve disponible plus large qu'une société aux revenus réguliers.

Peut-on placer la trésorerie de sa société sur un compte à son nom ?

Non. Le placement d'une société se souscrit au nom de la société, avec ses propres coordonnées bancaires. Un dépôt fait sur un compte personnel du dirigeant ne place pas la trésorerie de la société, et il pose des questions juridiques et comptables que l'expert-comptable de la société tranche.

Les intérêts d'un placement de trésorerie sont-ils imposés ?

Oui. Pour une société à l'impôt sur les sociétés, les intérêts s'ajoutent au résultat. Le taux normal est de 25 %. Un taux de 15 % s'applique à la part du bénéfice jusqu'à 42 500 € pour les sociétés qui remplissent les conditions du régime des PME. Pour les parts de fonds, l'écart de valeur liquidative entre l'ouverture et la clôture de l'exercice entre aussi dans le résultat.

Une société peut-elle perdre de l'argent en plaçant sa trésorerie ?

Oui, sur certains supports. Les dépôts bancaires ne varient pas avec les marchés, mais ils restent exposés à la défaillance de l'établissement au-delà du plafond de la garantie des dépôts. Les parts de fonds, même monétaires, peuvent voir leur valeur baisser. Les supports de long terme ajoutent un risque de liquidité.

Faut-il passer par un conseiller pour placer sa trésorerie ?

Non, une société peut souscrire seule un compte rémunéré ou un compte à terme. Un conseil devient utile quand les sommes sont élevées, quand la situation fiscale est particulière ou quand plusieurs structures sont en jeu. Un conseiller en investissements financiers doit être inscrit au registre de l'ORIAS, que chacun peut consulter.

Pour aller plus loin

Les informations de cette page sont générales. Elles ne constituent ni un conseil en investissement ni une recommandation adaptée à la situation d'une société. Les taux sont ceux que les établissements publient à la date du relevé. Ils changent, et l'offre qui vous sera faite peut différer. Vérifiez les conditions auprès de l'établissement avant de placer. Voir la méthodologie.